STORIES
Explorers

Sylvia Earle (French)

by Edward Ortiz

La solution c’est de nous considérer comme faisant partie intégrante des systèmes naturels qui nous font vivre .

Au fond de l’océan pacifique, à 338 km au sud-ouest de Guam se trouve la Tranchée des Marianas : une crevasse sur le fond marin dont la profondeur de 1 800 m dépasse la hauteur de l’Everest. En 1960, les explorateurs Jacques Piccard, l’oncle de Bertrand Piccard et Don Walsh se rendirent au fond même de la tranchée des Marianas et l’explorèrent pendant 20 minutes. Ils rapportèrent avoir vu une créature qui ressemblait à un poisson plat à 11 km de profondeur.

Faute de moyens logistiques, personne n’a pu poursuivre les explorations de Piccard et Walsh depuis cette expédition. Cependant s’il y a quelqu’un qui va le faire c’est bien Sylvia Earle, la distinguée biologiste marine, ambassadrice des océans du monde.

Appelée avec affection Sa Profondeur ou bien Général Esturgeon. Earle est une aquanaute expérimentée qui détient le record de plongée single en profondeur de 100 m. Earle est membre fondateur de la société Ingénierie des Fonds marins (Deep Ocean Engineering) et est récipiendaire de plusieurs prix et diplômes honoraires. Elle fonda le Projet durable des Mers (Sustainanble Seas Project) qui est actuellement en train de mener des explorations dans les sanctuaires marins des Etats-Unis. Pour le moment, Sylvia Earle est en service à la Société nationale géographique en qualité de professeur et exploratrice résidente. Le plus important c’est que Earle prône inlassablement la conservation des océans pour sensibiliser le public sur les dangers de l’écosystème dus à la pêche en outrance et à la pollution.

Sylvia Earle est née le 30 août 1935 à Gibbstown, New Jersey. Depuis toujours, la mer excitait sa curiosité. Pendant les sorties de la famille à la plage de Jersey, la jeune Earle découvrit qu’un vaste monde de merveilles magiques l’attendait au delà de la plage. Quand ses parents déménagèrent en Floride, Earle fit du Golf du Mexique son jardin de découvertes. Elle décrit l’expérience comme le fait de vivre quotidiennement à côté d’un grand inconnu.


A 16 ans, Earle fit sa première plongée qui devait être suivie de plus de 6 000 heures de plongée dans sa brillante carrière.

Quelques-unes des expéditions en plongée de Earle sont légendaires. En 1968, elle prit part à une expédition pour aller au fond de l’océan dans le premier submersible. Elle fut la première femme à observer l’océan du hublot d’un submersible alors qu’elle était enceinte de 4 mois !

Deux ans plus tard, au moment où les astronautes marchaient sur la lune, Earle participait au projet Tektie de la Marine. Conjointement financé par la Marine et la NASA, le projet Tektite vit Earle diriger la première équipe féminine d’aquanautes dans une expédition sous-marine de deux semaines pendant lesquelles une recherche inestimable allait s’ajouter aux connaissances en matière de structures écologiques des eaux profondes, de même qu’une étude détaillée des effets d’un séjour prolongé sous l’eau sur le corps humain.

Durant ce projet, elle remarqua l’effet dévastateur des agents polluants fabriqués par l’homme, ainsi que l’effet de serre sur les récifs de corail, un maillon vital de la chaîne alimentaire complexe. Cette observation confirma les craintes de Earle d’une destruction des écosystèmes sous-marins par l’homme.


Quand on lui demanda son opinion sur la plus grande menace qui pèse sur les océans du monde, Earle répondit : l’ignorance, le déficit de compréhension et le refus de lier notre destin à celui de la mer .

La pêche à outrance est un domaine dans lequel Earle ne décolère pas. Ce n’est plus choquant d’entendre les nombreuses espèces surexploitées au point de menacer leur existence. Le thon bleu qui habite l’Océan indien en constitue l’exemple. Depuis la première interdiction sur la pêche au thon bleu, la population de cette espèce a baissé de 1/10. Un autre exemple de la dégradation de l’océan par l’homme est la méthode utilisée pour la pêche aux crevettes. Les chalutiers de crevette raclent tout dans les fonds marins, y compris les plantes et les autres poissons pour ne prendre que les crevettes et jeter le reste. Earle compare cette forme de pêche des crevettes au fait d’abattre toute une forêt pour ne prendre que les écureuils.

Earle prône la culture marine. Elle considère la pêche de poissons sauvages comme une utilisation inefficace de la chaîne alimentaire marine. Elle pense que le moment est propice pour un développement des océans et de notre relation envers ceux-ci. Dans son obligeante et instructive biographie Changement marin (Sea Change), Earle offre un projet de changement qui comportera une révision des politiques gouvernementales désastreuses, la création de sanctuaires marins et une prise de conscience des profits de la culture marine. Elle prône également des changements dans les habitudes alimentaires individuelles. Elle-même ne consomme plus d’aliments provenant de la mer.

Une conséquence de sa fascination des profondeurs obscures du fond marin fut la création de Ingénierie des Fonds marins par Earle et son collègue et ex-mari Graham Hawkes. Cette société fut un instrument dans le développement de robots de profondeur et de submersibles. L’exploration de la Tranchée des Marianas a toujours été l’un des objectifs de Earle.

A présent la technologie existe pour effectuer une plongée à plus de 20 000 pieds, soit un peu plus que la moitié de la profondeur de la crevasse. Earle a déjà vu ce dont certains plongeurs rêvent et elle a essayé ce que peu de biologistes marins pourraient imaginer. A des profondeurs de 3 000 pieds pulvérisant tous les records, Earle a vu les croisillons de poissons brillants qui tapissent le fond inexploré de la mer, ainsi que l’éclatante bioluminescence des écosystèmes des profondeurs marines. Earle compare le fait de se jeter à l’eau à un saut dans un minestrone avec tous les morceaux nageant autour . Elle dit souvent que chaque petite cuillérée d’eau de mer est remplie de vies . Même hors de portée des rayons solaires, des plantes aquatiques se développent, nourries par un procédé appelé chimiosynthèse, contraire à la photosynthèse qui fait vivre les plantes terrestres. Pour Earle, qui a passé un temps inestimable en compagnie des créatures marines, les poissons sont comme les humains, en ce sens que chacun d’eux est différent des autres.

Au cours de sa carrière, Earle a remarqué l’effet dévastateur des polluants fabriqués par l’homme sur la vie océane. Earle décrit l’océan comme une feuille de bilan en déséquilibre. Elle pense qu’en parlant aux gens de la symphonie de la vie qui existe dans l’océan, elle sera en mesure de les amener à comprendre combien il est vital pour les êtres humains, à l’heure qu’il est, de changer de comportement vis-à-vis de la mer. Elle dit qu’une importante motivation pour nous d’apporter des changements radicaux devrait être notre préoccupation de survie, du moment que les conditions climatiques de la terre sont gouvernées par l’océan. 97% des eaux de la terre sont constitués d’océans. Par conséquent, il est absolument vital, pour que la terre demeure une place habitable par les humains, que les océans restent tels qu’ils se sont développés depuis des millénaires : c’est-à-dire avec chaque cuillérée encore remplie de vies.

Le plaidoyer de Sylvia Earle en faveur du sort des océans fait d’elle une véritable ambassadrice et championne de la plus précieuse ressource de monde.

Sylvia Earle la Présidente Directrice Générale de Deep Ocean Engineering et Deep Ocean Technology.

Page created on 7/11/2015 3:52:09 PM

Last edited 7/11/2015 3:52:09 PM

The beliefs, viewpoints and opinions expressed in this hero submission on the website are those of the author and do not necessarily reflect the beliefs, viewpoints and opinions of The MY HERO Project and its staff.
 

Related Links

MY HERO - Histoires en Francais
La Société Nationale Géographique - Dr Earle est la savante et honorable exploratrice résidente de cette vénérable institution.
Découverte en profondeur - : une histoire de l’exploration sous-marine.
Le bureau de l’agence de protection de l’environnement, des marécages, océans et chutes d’eau
William Beebe - : tout à propos du célèbre explorateur sous-marin qui inspira la jeune Sylvia Earle à se jeter à l’eau.

Extra Info

Les livres écrits par Sylvia Earle:

Sea Change (Changements marins)

Dive (Plonge)

Hello fish (Salut les poissons)

Sea Critters (Les créatures de la mer)

Exploration de la frontière profonde: l’aventure de l’homme dans la mer (de Sylvia Earle et Al Giddings)

Livres parlant de Sylvia Earle Fenêtre sur la profondeur : par Andrea Conley

Author Info